Nucléaire… par ici, la sortie !

Il était une fois…

C’est en faisant des recherches sur les rayons cathodiques que Wilhem Röntgen découvre les rayons X en 1895.

Henri Becquerel, par ses expériences, découvre les rayons uraniques en 1896 qu’on appellera plus tard la radioactivité.

Pierre et Marie Curie vont découvrir en 1898 deux nouveaux éléments radioactifs : le polonium 400 fois plus et le radium 900 fois plus radioactifs que l’uranium.

Ils prennent conscience aussi de l’extrême dangerosité suite aux essais effectués par Pierre Curie sur lui-même et par la leucémie développée par Marie.

Pas de fission impossible

Au cœur du réacteur d’une centrale nucléaire se produit une réaction de fission. Un neutron se déplace et percute un atome d’uranium, le noyau absorbe le neutron et devient tellement instable qu’il éclate. Il se divise en deux parties et libère de l’énergie.

Cette réaction provoque donc un dégagement de chaleur qui va transformer l’eau du générateur en vapeur qui servira à faire tourner des turbines qui vont créer un courant électrique.

Les combustibles irradiés deviennent des déchets radioactifs.

La souveraineté par l’atome

«Le nucléaire civil est le frère jumeau du nucléaire militaire, considéré par De Gaulle comme le véritable outil de l’indépendance nationale ». Dès l’après-guerre, la stratégie de De Gaulle pour la France passait par le nucléaire. La maîtrise de l’armement nucléaire s’effectue d’abord dans le cadre de l’Otan, grâce à un transfert des compétences américaines qui permet, dans les années 1960, la constitution d’une force dissuasive solo hors du commandement intégré, que la France quitte en 1966. En parallèle, le nucléaire civil, autrement appelé «usage pacifique de l’atome» apparaît comme l’outil d’une autre indépendance, énergétique cette fois, auréolée du même prestige. 

C’est dans les années 70 que tout s’accélère.

Back to the 70’s

Valéry Giscard d’Estaing, élu président de la république en 1974, a épousé en 1952 Anne Aymone Schneider, petite fille du baron Charles Schneider et se trouve ainsi lié au plus grand groupe industriel européen de l’époque : le groupe Empain Schneider dont une de ses filiales, Framatome-Creusot-Loire détient le brevet des réacteurs PWR (brevet américain Westinghouse), la seule filière technologique qui sera développé pour le parc des centrales nucléaires EDF.

Jacques, cousin de VGE, est directeur en 1975 de la Société des mines d’uranium de l’Aïr au Niger est au conseil d’administration de la Compagnie des mines d’uranium de Franceville au Gabon et il est en relation avec la république centrafricaine de Bokassa

Philippe, frère de Jacques, est administrateur chez Thomson CSF qui travaille pour le nucléaire.

François, le 3e frère, est PDG de la BFCE

Sous le septennat de VGE, il sera programmé plusieurs dizaines de centrales nucléaires en France au travers du plan Messmer qui lui en prévoyait 200 !

Dans ces années là, la France est l’un des pays les plus prolifiques et vend du nucléaire partout. VGE en est le représentant de commerce et toutes les ventes passent par la BFCE !

A aucun moment, ce ne sont des considérations de politique énergétique qui auront orienté les choix de filières nucléaires mais des choix de politiques industrielles (chaudronnerie, tuyauterie, pompes, génie civil)

Le choix du nombre de réacteurs à construire n’a rien à voir avec les impératifs de fourniture d’énergie. La crise pétrolière va simplement être un bon alibi pour justifier des choix industriels déjà décidés.

On est les champions, on est… on est…

Avec ses 58 réacteurs et ses 1100 sites renfermant des déchets nucléaires, la France détient le record du pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d’habitants.

L’électricité d’origine nucléaire représente 78% de la consommation électrique française mais seulement 17% de la consommation finale d’énergie française.

A l’heure actuelle, 1/3 des logements français sont chauffés à l’électricité soit 4 fois plus qu’ailleurs en Europe. C’est la conséquence de la fièvre nucléaire des années 70.

Et par voie de conséquence…

1.vieillissement des centrales

Une centrale a une durée de vie de 30 ans mais l’usure des composants engendre des risques d’accidents.

Notre plus vieille centrale, Fessenheim, a déjà  40 ans.  Suivent Gravelines, Bugey, Tricastin, Blayais, Flamanville, Paluel, St Laurent des eaux, Chinon, St Alban qui ont entre 31 et 39 ans.

Ces centrales devront être démantelées, travail titanesque, difficile et dangereux pour les travailleurs exposés, pour lesquels EDF n’a provisionné qu’une infime partie des coûts.

La plupart des matériaux qui constituent ces centrales sont devenus radioactifs.

Les déchets à très faibles activités et à durée courte (300 ans quand-même) sont rassemblés dans un site de stockage à Soulaines dans l’Aube depuis 2003 mais ce site ne sera pas assez grand pour recevoir les énormes volumes qui constituent les centrales.

2. Notre corps soumis à la radioactivité

L’industrie nucléaire rejette de la radioactivité dans l’air et dans l’eau. Nous en respirons et en absorbons en mangeant des aliments contaminés.

3.Déchets, toujours des déchets

La France produit plus d’énergie que ce dont elle a besoin :

  • elle exporte à ses voisins européens, elle cumule les déchets radioactifs provenant de la production d’énergie dont sa population ne profite même pas
  • Les déchets qui ont des milliers ou des millions d’années de vie seront enfouis sans qu’on ait des solutions pour les faire disparaître. C’est une solution criminelle, rien ne peut garantir l’étanchéité des conteneurs et la stabilité des roches sur une durée aussi longue.
  • Ce sont les générations futures qui devront gérer ce problème. Ce sont les matières les plus dangereuses que l’homme ait jamais fabriquées or, nous savions dès le départ, que la gestion des déchets n’avait pas de solution.

Exemple :

Il faudra environ 700 millions d’années pour que la moitié d’une quantité d’uranium 235 disparaisse en se transformant en thorium 231. Lui-même donnera naissance à de nouveaux atomes en se désintégrant jusqu’à aboutir au final à un atome non radioactif le plomb 207. Edifiant non !!?

4. Risques d’accidents nucléaires

Erreur humaine, erreur de concept, défaillance technique, attentats, inondations, tsunami…

Tous ces risques font peser sur la population un danger extrême. Plus de 66% des français habitent à moins de 75 km d’une centrale !

Selon l’agence de sureté nucléaire, un accident du type Fukushima est tout à fait envisageable !

L’État prévoit un budget de 100 milliards d’€ pour rafistoler les vieilles centrales et prolonger ainsi leur durée de vie. Pourquoi ne pas utiliser cette somme pour concevoir et construire des énergies renouvelables !

5. L’industrie nucléaire n’est pas une énergie propre

Elle ne produit pas de gaz à effet de serre mais tous les matériaux qui servent à construire des centrales ont consommé de l’énergie avec émissions de gaz polluants

Les déchets radioactifs sont transportés d’un endroit à un autre, ce qui produit bien du CO2 et engendre le risque de dispersion de matière radioactive dans l’environnement.

Accidents en vue?

Le nucléaire 100 % sûr est un mythe. Même si les accidents sont relativement rares, leurs impacts sur la population, l’environnement et l’économie d’un pays sont effroyables. La France n’est pas à l’abri.

L’histoire du nucléaire dans le monde est ponctuée d’accidents. Une « échelle internationale des événements nucléaires » les classe, en fonction de leur gravité, de 0 à 7 : écart (niveau 0), anomalie (niveau 1), incident (niveaux 2 et 3), accident (de 4 à 7).

Les accidents les plus graves jamais enregistrés sont ceux de Tchernobyl (26 avril 1986) et de Fukushima (11 mars 2011). Ils étaient de niveau 7. Mais d’autres accidents ont eu lieu aux États-Unis et au Royaume-Uni par exemple.

En France, niveau 4 atteint

Les accidents nucléaires les plus graves en France (niveau 4) ont eu lieu à la centrale de St-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en octobre 1969 et en mars 1980. Dans les deux cas, des combustibles ont fusionné dans un des réacteurs de la centrale. D’autres accidents nucléaires aussi graves ont été évités de justesse dans d’autres centrales.

Le 12 mai 1998, un des réacteurs de la centrale de Civaux (Vienne) a perdu son réfrigérant à la suite d’une rupture de canalisation. Lors de la tempête de décembre 1999, le réacteur de la centrale nucléaire de Blayais (Gironde) a dû être arrêté d’urgence après que tous les systèmes de sécurité ont été inondés : les digues de protection n’avaient pas résisté à la force des vents. Lors de la canicule de 2003, c’est la centrale de Fessenheim (Alsace) qui avait pris chaud. Elle a dû être arrêtée en urgence. En 2006, de nouveau à Civaux, un opérateur a posé un livret sur un clavier de commande, entraînant un dépassement de la puissance thermique autorisée.

Parc vieillissant, danger imminent

Ces incidents ou accidents nucléaires, souvent sous-évalués, parfois évités de justesse, devraient inciter le gouvernement français à prendre la décision raisonnable de sortir du nucléaire. Ni le circuit de production de l’énergie nucléaire, ni l’organisation de la sécurité des installations ne sont rassurants. L’industrie nucléaire assure pourtant qu’en cas d’accident majeur dans une installation française, aucune conséquence ne pourrait se faire sentir à l’extérieur du site. Mais cet optimisme est irresponsable. Il suffit pour s’en rendre compte d’observer les conséquences de l’accident de Fukushima sur le Japon, un pays aussi « sûr » que la France en termes d’installations nucléaires. Il ne faut pas non plus oublier que le parc nucléaire français est vieillissant. 

Déchets toxiques et foutage de gueule

L’industrie nucléaire et le pouvoir politique font aussi peu de cas des rejets radioactifs générés quotidiennement par les installations nucléaires au cours de leur fonctionnement normal, en particulier à La Hague. Chaque jour, de grandes quantités de gaz et d’effluents radioactifs sont rejetés, légalement et illégalement, dans les rivières, les eaux côtières et dans l’air. Nous ne vivons pas seulement sous la menace d’un nouveau Tchernobyl. Nous subissons quotidiennement le manque de respect du lobby nucléaire pour l’environnement et la santé humaine. Sans oublier le transport et le stockage des déchets nucléaires qui font peser sur tous les citoyens français  et les générations futures un danger insupportable.

En cas d’accidents nucléaires majeurs, que se passerait-il?

Dans un pays aussi peuplé que la France, un accident nucléaire majeur aurait des conséquences dramatiques.

  • Peut-on imaginer une région entière rayée de la carte ?
  • Comment évacuer des millions de personnes ?
  • Comment seront accueillis les blessés irradiés et comment le territoire pourra-t-il être décontaminé ?
  • Des conséquences dramatiques : décès, handicaps et maladies, perte de millions d’hectares de sols contaminés pour des siècles…

N’attendons pas que l’irréparable se produise!

Voici un lien pour localiser le danger nucléaire: tous aux abris!

Pour ceux que le désarmement nucléaire mobilise, très prochainement à Dole…

 

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)