Les vrais héros n’ont pas de costard

Je ne commenterai pas la mort de Johnny, ni sa vie d’ailleurs. Mais il y a un point sur lequel j’aimerais revenir. C’est pas moi qui l’invente, c’est le Figaro qui le dit.

C’est le terme de héros qui me semble galvaudé par un type qui a joué les secrétaires auprès d’un philosophe à cheval sur le lexique pourtant.

Est-ce que l’apprenti-marron s’occupait aussi du courrier de Ricoeur?

Que Johnny ait été une idole, c’est aussi indéniable que regrettable dans un pays qui aime à se croire laïc! L’idole des jeunes a souvent été un dérivatif à la colère populaire, un sédatif pour les masses abusées par la mèche rebelle et les tiags à 1000 balles, le bromure des banlieues rougeoyantes. S’en est-il lui-même rendu vraiment compte? Difficile à dire.

Le show biz l’a utilisé comme une marchandise et il en a profité, sorte de Virenque du rock’n’roll, d’Elvis de fête foraine… Hugues Aufray nous confiait récemment que tous les jeunes chanteurs de son âge (celui de Johnny car Aufray a 88 ans, 14 de plus que son cadet qui l’appelait son « plus que frère ») voulaient devenir des stars à tous prix. Johnny était comme eux tous et il a parfaitement réussi sur ce plan.

Surenchère lexico-démagogique

Mais qu’un président en exercice et en pleine possession de ses capacités intellectuelles, et même pas sous le coup de l’émotion, confonde héros et idole, ça passe les bornes de mon entendement!

Le héros se sacrifie pour les autres alors qu’on sacrifiait parfois des vies à l’idole. Je n’ai rien contre ceux qui se sont identifiés à Johnny (il vaut bien Plus Belle la vie!) mais on ne pourra pas m’empêcher de penser qu’il y a mieux à faire avec sa vie.

On a souvent accusé les insoumis d’idolâtrer Mélenchon alors qu’on n’en fait même pas un héros. C’est l’un de nos porte-voix, un camarade talentueux et respecté, un penseur qu’on écoute. A la France insoumise, on évite de confondre les termes et si quelques-uns ont le culte du chef, on se chargera de leur faire passer le goût du cirage de pompes.

Les médias libéraux sont très forts pour pister le moindre dérapage lexical de Mélenchon. Qu’on pense au sens du mot communautaire sur lequel interrogeait fielleusement Jean-Michel Apathie

quand ce n’est pas le minuscule Thomas Legrand.

Qu’on aille donc chercher le mot en question dans le dictionnaire!

Léa Salamé n’appartient-elle pas à un certain nombre de communautés? De clubs? De cercles? Et elle a bien de la chance de travailler sur la même radio que son philosophe de conjoint (France Inter pour ceux qui ne le savent pas) à nos frais une fois de plus puisque c’est la redevance qui paye ces gens qui nous casse du sucre sur le dos à longueur de temps.

Et pour en revenir à Macron qui tire à boulets rouges sur l’audiovisuel public, il ferait bien de surveiller le vocabulaire de ses sbires… mais aussi de sa femme.

De vrais héros de tous les jours

J’étais samedi au baptême républicain de deux petites albanaises et je vous pris de croire que le mot marraine et parrain y avaient un tout autre sens.

Et comme, me le faisait justement remarquer le parrain des deux fillettes, « Johnny, c’est finalement un migrant qui s’en va. Mes filleules, elles arrivent ». Ce qui suit, c’est son discours à la mairie. Chaque mot vaut son poids d’humanité.

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)