LGBTIQ: après Indochine, voici l’Allemagne!

David Bowie performs as Ziggy Stardust, 1973 (Photo by Chris Walter/WireImage)

A l’heure où, très longtemps après Indochine,  l’Allemagne pourrait être le premier pays européen à reconnaître l’existence d’un «troisième sexe»voici en long préambule un court article très rafraîchissant de Victoria Ouicher, paru dans Positivr.

« Avant d’être colonisés par les chrétiens, les indiens d’Amérique n’avaient pas une vision binaire du genre. Leur appréhension du sujet était bien plus complexe, puisqu’ils en distinguaient cinq. Identité féminine, identité masculine, homme – femme, femme – homme et transgenre, tous vivaient dans la plus parfaite harmonie. Et, pour ne pas être influencés, les enfants étaient habillés de vêtements neutres jusqu’à ce qu’ils puissent choisir eux-mêmes ce qu’ils souhaitaient porter. Les tribus amérindiennes accordaient en réalité peu d’importance à la sexualité des individus. Ces derniers étaient jugés selon leur utilité au sein de la communauté, leurs qualités et compétences. Ainsi, les préjugés sexistes n’existaient pas !

Bispirituel

Au contraire, les Deux Esprits, appelés également bispirituels, étaient encore plus respectés. Car ils pouvaient occuper des activités aussi bien féminines que masculines. Ils étaient donc un réel atout pour la communauté. Médecins, chamanes ou encore conseillers matrimoniaux, les Deux Esprits étaient perçus comme des être exceptionnels et occupaient les postes à responsabilité dans la tribu. Le fait de pouvoir voir à la fois à travers les yeux d’une femme et ceux d’un homme offrait une meilleure compréhension du monde selon les Amérindiens.

Aujourd’hui encore, les Indiens d’Amérique du Nord refusent l’appellation LGBT et utilisent l’appellation Deux Esprits. Les bispirituels pouvaient s’unir avec la personne de leur choix, quelque soit son sexe. Ils avaient également la possibilité d’adopter. Hommes et femmes se mariaient ensemble, ou entre personne du même sexe. Les unions allaient bien au delà d’une question physionomique et cela se faisait le plus naturellement, dans le respect et l’absence de jugement. Malheureusement, à leur arrivée, les Européens ont imposé leur vision binaire du genre et stigmatisé ceux qu’ils considéraient comme gays. »

Et il n’y a pas que chez les Peaux-Rouges, ma bonne dame, que la frontière sexuelle est revue et corrigée par le genre social.Veni Vidi Sensi a produit sur la sexualité chez les Romains une vidéo vraiment… pénétrante.

Cul culturel

Pour la résumer, on dira que l’homosexualité n’était pas à l’ordre du jour chez les Romains: le concept même n’existait pas. Les Latins se posaient la question de compatibilité en termes de pénétrant et de pénétré, avec une réglementation assez surprenante.

On peut en conclure qu’en matière de choix de partenaires et de pratiques sexuelles, rien n’est laissé au naturel dans aucune civilisation. Le cul est définitivement culturel et les tenants d’une orthodoxie sur le sujet ferait bien de revoir leurs classiques.

L’orientation sexuelle est un fait social chez les humains, contingent et arbitraire, et n’est donc pas obligatoirement raccord avec le genre sexuel biologique. C’est assez logique puisque la bagatelle au sens strict n’a pas pour but de procréer.

Les sociétés sont plus ou moins permissives sur la chose, les institutions vont parfois dans le sens d’une codification contraignante, mais chacun devrait pouvoir choisir son ou ses partenaires car la sexualité relève du domaine privé: la loi n’a pas à y intervenir tant qu’il n’y a ni contrainte ni danger sur la souveraineté personnelle. A condition aussi de ne pas afficher des convictions en public contraires à sa pratique intime… ou d’empêcher le quartier de dormir.

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)