Le corps à corps contre l’artillerie lourde

  

Photo: ATTAC le samedi 5 avril 2014 à Dole

Pas facile d’aller à contre-courant dans ce torrent opaque de la propagande néolibérale. On baigne dans l’hégémonie la plus sournoise et quand on sort la tête de la fange, Macron dénonce les jaloux. On vous taxe d’envieux dès que vous flinguez un généreux donateur et de ratés lorsque vous êtes pas prêts à mordre, à devenir un leader, un winner ou un ironman.

Décryptage et contre-propagande

Et si tout ce tintouin néolibéral nous foutait la gerbe? Si on se sentait plutôt looser comme Dick Annegarn, aussi charismatique que Garcimore et pas trop partant pour le marathon de New-York. Tout simplement parce que les modèles de wondernanas et de surhommes nous font finalement royalement chier. On se contenterait d’en rire si cette compétition effrénée ne se faisait pas au détriment des plus fragiles.

Il faut donc continuer à décrypter la propagande et à la contrer, à montrer ses vices de forme et à proposer des modèles nettement moins cons et franchement plus fun.

On continuera donc à dénoncer un fonctionnement qu’on essaie de nous faire passer pour naturel et incontournable parce qu’une fois le système balayé (on ne sait pas à quelle heure exacte mais ça peut arriver n’importe quand!), faudrait pas qu’on retombe dans les travers d’aujourd’hui. On vous renvoie à la révolution française et à sa récupération bourgeoise surtout quand c’est Jaurès qui le dit.

Bien sûr, on n’a pas les mêmes moyens que la propagande officielle mais on est moins cons qu’eux, on y croit et on connait le terrain. En Marche dans la rue, c’est l’armée de Nixon dans la jungle du Vietnam! Vous n’avez peut-être aucune sympathie pour l’armée du Vietminh, mais question guerre de position, ces gens s’y connaissaient. Contre le napalm et le défoliant (agent orange), les Viet-congs ont joué les fourmis rouges.

Pour lutter contre les troupes américaines, les Viet-Congs avaient coutume de truffer la jungle de « pièges à cons », (bambous acérés et empoisonnés au fond d’un trou, grenades reliées à une ficelle tendue entre deux arbres…). Ce surnom rigolo cache donc une réalité horrible, le cauchemar de milliers de GI envoyés au front.

On n’en est pas à s’étriper mais les Macronards ne nous font pas de cadeaux non plus.

Le pouvoir peut donc être contré avec des armes pas toujours recommandables: le slogan publicitaire par exemple, facile… mais efficace!

Pompidou des sous!

CRS SS!

Elections piège à cons!

Giscard a la trique! euh… pardon… Giscard à la barre!

Remboursez nos invitations!

Pour une guérilla joyeuse

La Fi vient d’ouvrir ses boites à idées pour les modalités d’action. A côté de l’implication sociale indispensable au mouvement, les parties III et IV de la synthèse de la Fi nous donnent raison: éducation populaire et agit’ prop’. On s’y est mis depuis quelques temps déjà. C’est cette dernière qui nous intéresse aujourd’hui.

Agitprop est l’acronyme de отдел агитации и пропаганды (romanisé en otdel agitatsii i propagandy), c’est-à-dire Département pour l’agitation et la propagande, organe des comités centraux et régionaux du Parti communiste de l’Union soviétique. Ce département fut renommé plus tard « Département idéologique ».

Le message est assez clair? Peut-être pas, alors réactualisons-le: contre le poison lénifiant de l’hégémonie consumériste et Noël qui arrive, le contre-poison doit jouer avec les codes détournés de cette com’ de masse. Détournés parce qu’il s’agit justement de se réapproprier le discours. Aussi efficace que la pub mais en moins stupide!

Durant la campagne à Dole, pour la venue de Mélenchon à Dijon, Mario et moi, on a remis l’homme-sandwich à la mode. C’est en fait notre camarade Jeanne qui, pour les Artilleurs de Mayence et la semaine de Chok, avait relancé le truc. C’est un vecteur de contenu (Si! Si!) vieux comme la réclame mais ça marche. On s’en resservira. Reste à trouver d’autres contenus qui interpellent les passants. On y travaille.

Entre le rire et le choc

Si l’espace public est le lieu où il faut aller à la rencontre des gens, les réseaux sociaux sont devenus des agoras modernes. Les trolls y sont légions, et de tous bords. La fachosphère en a bien compris l’impact. Pas question de lui laisser le champ libre. Le discord des insoumis a fait fort sur ce front-là pendant les élections. A nous de continuer à semer le trouble.

La Fi doit se servir de ce renouveau dans la bataille des consciences. Il y a mille manières d’éveiller l’esprit critique et de l’aiguiser. Ne nous privons pas de notre imagination contre les réactionnaires! Vu l’artillerie lourde que les libéraux ont à leur disposition, tous les coups de canifs sont permis.

C’est comme à l’Assemblée nationale:

Ils ont les boulets, on a les fines lames!

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)