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On nous a reproché la longueur du premier dossier sur l’éducation populaire. Je l’assume tout en rappelant qu’il s’agissait d’un article de fond sur une intervention extérieure à propos d’éducation populaire. Du coup, on l’a touché… le fond. Sans plier devant la dictature du pouce bleu, on s’est quand même senti un peu seul. Grand moment de solitude également lorsque une nouvelle militante de la Fi me dit: « Je ne sais pas ce que c’est au juste mais ce qui me dérange dans l’éducation populaire, c’est le mot éducation. » S’il existe un double fond dans la piscine, on l’a atteint à ce moment-là.

Mais on va rebondir

Mais nous avons glissé dans ce dossier des liens multiples et notamment celui-ci: éducation populaire

Adélaïde de Lépinay a fait un travail de synthèse passionnant sur le concept. Passionnant et plutôt court. Ce qui est une qualité à nos yeux. Mieux: un impératif!

On s’en inspirera carrément dans cette série où on s’est notamment donné pour objectif de vous montrer que l’écriture peut être à nouveau un des moyens populaires pour reprendre sa culture en main. Adélaïde de Lépinay a finalement écrit ce que Franck Lepage raconte lui-même sur scène ou à longueur d’interview.

Entre Socrate et Bob l’éponge

L’éducation populaire est tout sauf descendante, voir condescendante comme de la culture pour les nuls, une vulgarisation en quelque sorte. Non, l’éducation populaire ne descend pas du maitre qui saurait vers le disciple qui absorbe. Elle est avant tout là pour fournir des zoutils comme les nomme notre collègue Ludwig. On se rapproche de la maïeutique de Socrate qui consistait à faire accoucher les esprits par un questionnement judicieux, tout en s’éloignant de Bob à qui on injecterait du savoir en intraveineuse.

C’est une démarche qui nous est chère mais qui a l’inconvénient de réclamer un certain effort de part et d’autre. Effort du ministre pour se mettre au service de l’autre, effort de l’apprenti pour apprendre le métier. Effort de tout le monde pour se poser des questions.

A ce propos, je me permets de vous indiquer à nouveau ce site sur lequel on a déjà fait un article. Dans Veni Vidi Sensi, Histony présente non seulement l’histoire sous une forme vraiment passionnante mais aussi les méthodes qu’il utilise, en commençant par une critique des historiens qu’il admire. C’est une démarche exemplaire. Ne jamais se cacher en tant qu’observateur et donc interprète, sans oublier d’en tirer de petites leçons de déontologie et d’éthique bien placées.

Démonstration par l’exemple

Dans le cadre de l’éducation populaire, il est aussi difficile de ne pas pratiquer l’hégémonie cognitive et d’accorder de l’espace à l’apprenti que d’acquérir de nouveaux savoirs en même temps que la connaissance de la nature contingente de ces savoirs.

Autrement dit, d’un côté, le maître doit résister à la tentation d’enseigner et de formater le disciple. De l’autre, ce dernier doit prendre conscience qu’il restitue son propre savoir mais avec les moyens imaginés par le premier.

Le journalisme gonzo est ce que nous avons retenu pour commencer. Tout le monde peut en faire en se prenant lui-même pour le terrain et devenir ainsi journaliste de terrain en toute subjectivité. Sans autre prétention toutefois que d’être le porteur de sa propre parole. Ni plus ni moins mais avec l’espoir ou la prétention que celle-ci est susceptible d’intéresser, ne serait-ce que l’administrateur du site, votre serviteur. En un mot: moi.

Sans négliger non plus la lecture d’articles de fond mais aussi d’ouvrages plus costauds encore.

« S’informer est un devoir de militant, partager peut être envisagé comme une responsabilité et une récompense. » 

La conférence gesticulée procure de toute évidence un certain plaisir à ceux qui la pratiquent: les vidéos l’attestent. Mais l’aspect scénique de l’entreprise peut représenter un obstacle pour les plus introvertis. Faut du cran et beaucoup de préparation. Cela dit la reconnaissance est immédiate. L’écriture offre un sas de sécurité au timide pour peu qu’il y ait un rédacteur pour l’encourager et l’aiguiller. Pour ce qui est des retours, on est aussi à l’abri. C’est le moins qu’on puisse dire. Mais l’essentiel, c’est le chemin parcouru avant même le résultat ou même le succès.

L’écrit n’est donc peut-être plus le média le plus prisé par le public qui nous occupe mais il se pourrait bien qu’on lui retrouve des lettres de noblesse (passez-moi l’expression!) sinon dans le langage de la rue, du moins dans une certaine oralité. Car il est aussi question de se faire plaisir en militant. C’est ça, l’esprit gonzo.

Des questions à la pelle

Comment donc trouver des moyens qui touchent les gens qui ne nous lisent pas d’habitude? Ou qui ne lisent pas beaucoup? Comment faire écrire des gens qui n’en ont pas l’habitude? Et qui plus est sur leurs propres conditions d’existence? Comment faire écrire des gens qui n’ont pas l’habitude de se raconter? Et comment les aider à toucher d’autres gens qui ne sont ni prêts à écouter ni convaincus d’avance?

C’est pas gagné, on vous le cache pas! Mais ça vaut le coup d’essayer! D’ailleurs si vous êtes arrivés jusqu’ici, il est trop tard pour faire demi-tour. Vous n’êtes pas loin de devenir un intellectuel organique. Pas de panique, ça se cultive. Et de notre côté, c’est un début de victoire dans l’esprit de la guerre de position de Gramsci. On aura l’occasion d’y revenir.

Trois options s’offrent à vous.

  1. C’est arrivé en bas de chez vous: vous avez envie de partager une expérience personnelle sur un sujet sociétal.
  2. Ou alors vous avez repéré sur le web, un site ou des vidéos que vous présentez brièvement sur le déco(nne pas)dex.
  3. Dernière possibilité: vous avez les neurones aiguisés sur un sujet qui vous tient à coeur avec un esprit qui s’inscrit dans la dynamique de l’Avenir en commun.

Et on vous casera bien quelque part. Sinon, on vous inventera une rubrique.

Toutes vos propositions sont les bienvenues: goreland@hotmail.fr ou via Facebook chez Martin Gore en MP.

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)