Poisson d’élevage, poiscaille bodybuildé

C’est vendredi (ou presque…) et c’est le jour du… poisson! C’est le jour où certains lisent peut-être La Croix et évitent de consommer des aliments trop riches tels que l’alcool, le lait ou même les oeufs, et surtout la viande. Mais ils se rattrapent sur le poisson. C’est soi-disant maigre, plein de phosphore et c’est bon pour la mémoire.

Enfin presque

En France, nous consommons en moyenne 34kg de poisson par an et par habitant (chiffre de l’INSEE). Notre consommation a doublé en 50 ans. Selon un article du 17 mai 2017 paru dans La Croix justement, « la consommation de poisson est ici en France très majoritairement issue de la pêche, à 70 %, contre 30 % issue de l’aquaculture. » Mais l’article nous informe aussi que « les Français figurent parmi les plus gros consommateurs de saumon et de crevettes, élevés en aquaculture ».

Vous aurez peut-être un peu plus de chance que nous: on a épuisé notre droit de visite gratis chez La Croix.

L’aquaculture kesaco?

C’est l’élevage regroupant la pisciculture (élevage de poissons) et la conchyliculture (élevage de crustacés, moules, huitres), une production intensive contrôlée par l’homme, tellement intensive que, dans le livret de la France Insoumise « Agriculture écologique et Paysanne » écrit par Laurent Levard et Eve Saymard, leur première proposition est : l’arrêt des projets de ferme usine. Tiens, on se demande pourquoi.

Un poison nommé panga

Filons donc au pays d’Ho Chi Minh. Comme au bon vieux temps, nous sommes accueillis par une banderole: Good Morning Vietnam. Ainsi que La Croix nous l’a annoncé, la République socialiste du Vietnam produit le Panga  en quantités industrielles. Ce poisson est « peu » coûteux (environ 10€ le kilo) et il est largement distribué dans nos poissonneries mais aussi dans les cantines de nos bambins. Ben oui: on ne mange pas souvent du saumon à la cantine.

Cependant il y a un truc qui cloche!

Les aquaculteurs nourrissent ces poissons à coups de croquettes survitaminées. Grâce à ces produits « miracles », le panga atteint sa taille adulte en 6 mois seulement. Deux fois plus rapidement que s’il avait grandi dans son milieu naturel.

Mais ce n’est pas tout: les eaux des bassins où sont élevés les poissons viennent du fleuve Mékong. Celui-ci est pollué par du cyanure mais aussi par l’agent orange, un défoliant produit par le géant Monsanto et utilisé par l’armée américaine durant la guerre d’indépendance.

Les pangas sont souvent atteints de maladies mais aussi de malformations. Les aquaculteurs déversent divers médicaments de chez Bayer (l’ogre allemand qui cherche à avaler Monsanto) pour tenter de soigner les poissons malades. Et ces derniers se retrouvent tout de même sur les étals des poissonneries et dans nos assiettes. France 2 s’en est même inquiété…

Vous pensez peut-être qu’il n’y a que ce poisson aussi extrême qu’oriental qui est concerné? Que nenni ! Vous croyez que nous ne pratiquons pas ce genre de culture en Europe ? Et bien vous vous trompez méchamment!

Après un petit tour au pays de la mousson, découvrons les eaux cristallines des fjords norvégiens et comparons leur système d’élevage avec celui des Vietnamiens.

La méthode viking (TM)

La Norvège est le pays qui produit le plus de saumons au monde et 70 % des saumons que nous consommons en France viennent de ce pays. Les aquaculteurs du crû ont eux aussi la main lourde sur les croquettes.

Mais y a quoi dans ces croquettes magiques?

Nous allons vous dévoiler leur recette et vous pourrez en fabriquer chez vous pour nourrir votre poisson rouge tout riquiqui qui fait du surplace:

  • Prenez plusieurs tonnes de poissons gras (des anguilles par exemple)
  • Passez-les dans votre Thermomix
  • Votre super machine séparera le poisson en deux parties : une partie huile et une partie poudre.
  • Récupérez la poudre puis mélangez-la avec de l’antioxydant. ATTENTION: seulement de l’ETHOXIQUINE.
  • Et c’est prêt !

Vous pouvez donner directement ces croquettes à vos petits poissons un peu rachitiques. Ils en raffoleront!

Mais comme on est un peu curieux, on s’est interrogé sur l’origine de l’Ethoxyquine.

Interdit ou autorisé?

Cet antioxydant a été développé par la firme préférée des écolos : Monsanto. L’Ethoxyquine a été créé en 1959. Elle sert tout d’abord en tant que pesticide, puis devient un conservateur alimentaire (E324). Le plus surprenant, c’est qu’il est interdit comme additif pour la nourriture humaine mais autorisé dans certains aliments pour animaux.

Mais aujourd’hui, c’est du passé. Selon le site Eurofins (groupe de laboratoire d’analyse spécialisé dans l’environnement et l’agroalimentaire), l’Ethoxyquine serait interdit depuis le 28 juin… 2017.

La Commission Européenne a suspendu l’autorisation d’utilisation de l’éthoxyquine (règlement 2017/962 du 7 juin 2017) jusqu’à ce que les risques pour la santé humaine, animale ainsi que pour l’environnement et les effets mutagènes soient mieux connus.

Selon le rapport réalisé en 2016 par l’INSEE, la France est le deuxième producteur en aquaculture de l’Union Européenne avec plus de 200 000 tonnes en 2013. Mais elle est très loin derrière la Norvège dont la production a atteint 1 247 900 tonnes. Rappelons au passage et avant les fêtes de fin d’année que la Norvège est un pays souverain (hors Union Européenne) où circule toujours la couronne et peut-être bien l’éthoxyquine.

La note liturgique

Au fait, saviez-vous que le mot grec Ichthus (qui signifie poisson) rassemble l’initiale des termes grecs composant la formule Iesous Christos Théou Uios Sautèr… qui signifie « Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur». C’est la raison pour laquelle le poisson a longtemps eu les faveurs des chrétiens.

Ceux qui ont lu La Croix le 17 mai dernier seront peut-être un peu plus circonspects.

 

Une belle contribution de Julien! Hip hip hip…

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)