Un petit coup de pouce à Jacques Généreux

Pas facile de s’y retrouver dans les différentes disciplines scientifiques…

Dans La Dissociété, Jacques Généreux mobilise un bon nombre d’entre elles (biologie, neurobiologie, pédiatrie, éthologie, paléontologie, anthropologie, ethnologie, archéologie… ) pour au final proposer une refondation anthropologique du discours politique.

C’est aussi le titre du chapitre 9… Dans sa présentation, Généreux prévient que

« ce chapitre reste allusif et fut écrit en dernier. »

Il est en effet assez court malgré l’importance du nombre de concepts qu’il y convoque… mais si vous avez des cuisses, L’autre Société, le tome 2 de la trilogie A la recherche du Progrès Humain, s’emploie à développer certaines de ces pistes.

Cependant, on est clairement prévenu des intentions de l’auteur :

« J’ai donc résolu de clairement évoquer ces fondements, pour rappeler au lecteur que ma conception sociale de l’être humain n’est pas une « opinion » mais une hypothèse assise sur une somme de résultats établis dans de multiples disciplines scientifiques. »

Son objectif principal est de contrecarrer la définition simpliste mais terriblement doxique (relatif à la doxa, le savoir commun, l’inverse du paradoxe qui fait réfléchir… ) que les néolibéraux répandent à propos de l’ « homo oeconomicus » (voir le billet précédent à ce sujet).

Et par où qu’elle est, la dialectique?

Pour Généreux, l’être humain est profondément social dès sa genèse. Il s’emploie également à montrer qu’il n’existe pas de gène de la libre concurrence. Pas plus que de contrat social entre individus libres et responsables. La sociologie dans laquelle il s’inscrit repose sur la double aspiration de l’homme à « être soi » et à « être avec ». Mais Généreux n’emploie pas, jusqu’à preuve du contraire, le terme de dialectique.

Du coup, il s’empatouille un peu avec ces deux « désirs » distincts mais indissociables. Ce n’est pas le premier et pour son objectif d’économiste politique insoumis, ce n’est pas si grave, on lui en veut pas 😉

D’ailleurs la faute en incombe à la philosophie onto-centrée (centrée sur l’être), la vilaine, que pratique l’Occident depuis des lustres. La sociologie n’a d’ailleurs pas échappé à cette ornière et elle a toujours tenté de ramener à elle toute la couverture de l’anthropologie… bouh.

Mais tout le vingtième siècle universitaire a erré sur les décombres des objets scientifiques prédéfinis (et donc, mal definis, hein). Résultat : des luttes fratricides et hégémoniques, quand on ne cédait pas à un œcuménisme béat et pluridisciplinaire. En l’absence d’un modèle complet et clair, les néolibéraux ont eu beau jeu de continuer à répandre le mythe du tout à l’économie, sorte de tout-à-l’égout intellectuel… Leur vision de l’homme est primaire et moche comme un graphique de François Lenglet, mais facile à exposer…

Seule à notre connaissance, la théorie de la médiation élaborée par Jean Gagnepain propose une vision d’ensemble de l’anthropologie. Entendez par là, l’étude des rationalités humaines, autrement dit : l’ensemble des sciences humaines.

Et si, comme mon correcteur orthographique, le pluriel de rationalité vous interpelle, n’hésitez pas à lire les prochains billets. On coupe les cheveux en quatre mais on y voit clair… et plus loin.

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)