Pour en finir… ou presque… par la politique

Ceux qui nous ont suivis jusqu’à présent se disent sans doute: tout ça, c’est bien beau mais peut-on parler de l’homme sans parler de psychologie? Eh bien oui. Entre l’éthologie, la sociologie et l’axiologie telles que nous les concevons, point n’est besoin de la psycho. Et oui! Parler de politique, puisque c’est au final le but, en évacuant la psycho… Étrange, mais, pourquoi pas?

Et l’histoire alors?

Ah pour l’histoire, c’est une autre affaire. L’humain baigne dans l’histoire. Il en est même le fruit autant qu’il est le créateur du calendrier, du cadastre ou de l’échelle sociale. L’histoire est le traitement culturel de l’existence. Elle est même partout mais elle n’est pas tout.

En tant que discipline, l’histoire a pour objet le passé des sociétés et comme ce qui existe aujourd’hui appartient déjà à l’histoire vu que le flux historique est continu, la discipline historique traite en fait de tout ce qui humainement se concrétise, et à fortiori s’est réalisé.

En ce qui concerne l’évolution des langues, on parlera de linguistique comparative quand la glossologie traite du langage, en tant que principe intemporel. Quand à l’histoire de l’émergence des idées, il s’agit ni plus ni moins que de l’épistémologie. Parallèlement, l’archéologie s’intéresse au passé technique de l’homme (architecture et outils) afin de reconstituer le mode de vie là où l’écriture (outillage du langage et la mémoire) et maintenant les divers supports techniques n’étaient pas ou insuffisamment présents.

Sur le plan axiologique, il existe également une partie de l’histoire qui s’intéresse aux valeurs et à la morale à travers les âges (dans le Miradole nous travaillons actuellement sur la liste des vertus que proposait Caton l’ancien). L’histoire fournit donc un matériau indispensable à l’anthropologie qui l’utilise comme terrain d’expérimentation. En retour, la discipline ne saurait se passer des sciences humaines, sinon à revenir aux méthodes idéologiques, aujourd’hui obsolètes, d’antan.

Un seul exemple du conglomérat que forme la réalité: Champollion et sa pierre de rosette sont à la croisée du langage, de l’écriture, de la sociologie et de l’archéologie. Et l’historien qui s’intéresserait à Champollion devrait en plus se préoccuper des conditions historiques de sa découverte.

Et la philo dans tout ça?

La grande absente pour l’instant semble bien-être la philosophie. Nous lui réservons cependant une place, moins importante certes que celle qu’elle avait coutume d’occuper. Entre histoire et sciences humaines actuelles, il ne lui reste plus que l’avenir.

Nous lui proposons ainsi de retrouver un statut de projection et de planification qui s’appuierait sur l’anthropologie, c’est à dire une dimension entièrement politique et morale et cela sur les quatre plans de médiations, sans oublier tous leurs recoupements.

On se place alors dans le domaine de ce que l’homme pourrait être. C’est une belle manière de redonner de la grandeur à la politique. Mais aussi de sortir l’économie de la gestion comptable, l’écologie des paniers en osier… Et plus généralement notre avenir de la simple reproduction de l’existant. Nous voici sur le versant de l’invention, du changement et de la transformation. On n’a pas dit révolution mais c’est tout comme.

Pour nous résumer, nous dirons que l’anthropologie (glosso-, ergo-, socio-, axio-logie) couvre tous les domaines de la culture et que l’histoire s’occupe du passé sous toutes ses formes. Et si celle-ci a une leçon à nous donner, c’est bien celle de la contingence des réalisations humaines.

Et la politique?

Quant à l’avenir, il est du ressort du politique, certains préféreront peut-être parler de champ philosophique. Si la politique est la quête des meilleures conditions possibles pour le bien-être du peuple, un modèle anthropologique valide (et notamment un modèle sociologique comme nous l’exposerons dans la prochaine chronique) est donc le gage d’une politique de progrès mieux adaptée à ce à quoi aspire vraiment l’être humain. Sans oublier l’équilibre avec son environnement, sans lequel aucun avenir n’est envisageable.

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)