L’ anthropologie en quatre mots

Comme nous l’avons déjà dit, l’anthropologie est l’étude de toutes les rationalités, c’est-à-dire : l’étude des manières par lesquelles nous sommes humains, pensons et parlons humain. Elle regroupe donc toutes les sciences dites « humaines », et leur prête les mêmes principes d’analyse et les mêmes exigences scientifiques que les sciences dites « dures ». Comme si c’était facile…

On fait donc de l’anthropologie dès qu’on réfléchit à ce qui fait l’homme, mais aussi quand on se demande comment orienter son avenir. 

En effet, on fait comment, si on ne sait pas un peu comment il fonctionne?

La viande et la vie

On distingue donc l’anthropologie de la biologie qui a pour objet le « vivant », et qui s’occupe donc de toutes ces histoires de tuyauterie, de tissus et de chimie intestinale, ce que nous appelons l’ « hominien », pour faire les malins…

Au sein de la bio et autres S.V.T, on trouve l’éthologie, c’est-à-dire : la science des comportements des zanimaux. Ça intéresse (et oui!) la théorie de la médiation, dont on vous cause si longuement, parce que l’hominien partage avec certains animaux un bon nombre de fonctions dites supérieures.

Bah ouais, on reste un bout de bidoche soumis dans une certaine mesure à des instincts et autres… Y’a qu’à voir monsieur bébé… Enfin, bon, je m’égare…

Un bout de bidoche, mais pas que. Parce que c’est à partir des plus chiadées de ces fonctions supérieures que l’humain accède à une autre dimension… roulement de tambour, effet dramatique, le public retient son souffle…

Le gros muscle cérébral

Comme Jacques Généreux, nous nous intéressons à la neurobiologie car les rationalités sont « corticalement » conditionnées : rien ne se passe ailleurs que dans les neurones. Un bout de bidoche, pour sûr, mais bien câblé avec des chouettes neurones… On peut donc parler de matérialisme sans se fâcher… mais sans non plus éviter la question de Dieu… Mais ça on verra.

La relation entre les sciences de la nature (éthologie, neurobiologie) et les sciences humaines est un des enjeux majeurs de la recherche fondamentale de notre siècle. Et ouais. Par exemple, comment te faire acheter le canapé alors que tu venais juste chercher des pâtes…

Plus sérieusement, pour ne pas rater cet enjeux, il faudrait encore partir du bon pied et savoir ce que nos chers scientifiques cherchent dans la souricière ou sur l’IRM!

La culture avec ou sans gros Q

Mais revenons-en à nos moutons, enfin, à nos humains… Pour ce qui concerne la culture, ce pré-carré qu’on dit réservé à l’humain, on va vous passer les détails, mais sachez que la théorie de la médiation coupe la chose en quatre, comme les cheveux, quand on en a. Elle part du principe que si on n’arrive pas à tout caser dans la même valise, autant faire plusieurs sacs. Et c’est pas con.

L’humain traite donc culturellement quatre fonctions supérieures de l’hominidé et accède à quatre plans de médiation. Et ouais, c’est de là que vient le nom…

Autrement dit, ses fonctions animales supérieurs subissent un process culturel, pour parler comme un ingénieur ingénieux. L’hominien fournit à l’humain quatre contenus spécifiques (qu’il partage d’ailleurs avec la vache ou le hérisson sauf qu’eux s’arrêtent là! Et c’est bien dommage! Fainéants!)…

Quatre contenus soumis à une opération d’abstraction qu’on pourrait voir comme une sorte de vidange, avant que tout ça soit réinvesti dans le concret. On pourrait vous parler de moment dialectique (#HegelTMTC), d’instance et de performance, de structure et de valeur mais c’est pas sûr que ça vous aide beaucoup…

Le steak d’humain

La seule image qui me vient à l’esprit, c’est celle de la fabrication du steak haché. On met quatre morceaux de viande dans la moulinette. Le matériau disparait dans le hachoir avant de réapparaitre en haché où tout est mélangé. Et c’est plus tendre, meilleur que les bas morceaux tels quels…

Disons que, oui, il y a de tout dans le phénomène. La réalité est un bordel sans nom et c’est l’homme qui se charge d’y mettre un peu d’ordre. Façon steak haché. C’est vous dire si l’effort d’analyse est littéralement surhumain.

Bon. Pour faire court, l’humain accède à quatre modes d’analyse spécifiques dont quatre sciences humaines font leur objet:

  • le signe (le langage) est étudié par la glossologie (le terme de linguistique est périmé, on le met pas dans le steak),
  • l’outil (et donc, la technique) est étudié par l’ergologie (à ne pas confondre avec l’ergonomie mais on n’est pas loin, t’es bon, mon champion),
  • la personne (notre faculté à être en société) est étudiée par la sociologie (qui n’a ni plus ni moins d’importance que les autres disciplines),
  • et pour finir, la norme (on parle ici de liberté, de morale et de droit) par l’axiologie. Ces quatre plans sont numérotés arbitrairement par ordre de découverte.

Rien de plus. Dire, faire, être et vouloir, quatre modes qui se recoupent continuellement et interagissent à la vitesse de l’influx nerveux. Un bon steak d’humain.

Eh, t’as pas parlé politique…

Un exemple facile: un discours de Mélenchon. Là, toutes les facultés humaines sont à l’œuvre. Bon, chez Macron aussi, mais nettement moins. Surtout quand il crie « projet » 😀 

Dans les deux, on trouve le verbe, bien sûr, mais aussi la technologie (le micro, l’hologramme), l’échange avec la foule, et finalement, la volonté, et bien plus encore. Bref toutes les disciplines que nous avons citées y sont représentées et sont matière à étude.

Et dans n’importe quel phénomène, c’est le cas. C’est pourquoi il faut le découper pour voir ce dont il est fait: ça s’appelle la déconstruction. Vas-y, essaie chez toi, ça marche toujours, c’est super.

Mais il y a plus… Eheh… Dans le prochain billet, nous traiterons notamment de l’Histoire, de la politique et de la philosophie… Suspens…

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)