Un blog’trotter insoumis a rendez-vous avec l’Europe

Baptiste Longet nous a fait part de son projet de voyage d’étude dès le commencement de sa participation à la campagne de la France insoumise. Mais ça y est, Lonlon a acheté sa casquette de pèlerin, fait expertiser ses vieux appareils-photos argentiques et montré son look d’autostoppeur à la une du Progrès. Et le v’la parti pour l’Europe.

Alors l’Europe?

Auréolé de cette gloire toute fraîche, il s’apprête donc à quitter Dole pour Strasbourg. Strasbourg? C’est pas très exotique?

« Peut-être mais c’est assez logique, l’idée étant de comparer les on dit sur l’Europe à travers les médias en France avec l’avis d’une personne prise au pif dans chaque ville où je passe. Je vais laisser faire le hasard et être pris à contrepied. L’idée, c’est de faire un article sur mon voyage et ce que j’attends de la ville où j’arrive. Et le lendemain, de le confronter. Et de repartir. Je reste deux nuits par ville et le matin, il faut repartir parce que je suis en stop. »

De ce côté-ci de l’Union européenne, les transports en commun sont assez chers mais plus à l’est, avec des étapes plus longues, s’il faut prendre le bus, notre aventurier prendra le bus :

« Mais vu que l’idée, c’est de rencontrer plein de gens différents et de la jouer un peu à la j’irai dormir chez vous, une fois que j’ai fini l’interview, « eh mec, t’as pas un canapé? ». Si je commence à prendre des bus où personne ne se parle, je suis pas rendu, quoi! »

Et du coup, combien d’étapes a-t-il planifiées?

«Le nombre de villes est fixé mais je sais, plus ou moins, que je ne pourrai pas le respecter vu que je veux faire du stop. Le cadre est donc fixé mais ce qu’il me faut, ce sont des profils de ville. Si je me retrouve dans une ville un peu dans le même esprit que celle que je visais, ça me dérange pas et si je me retrouve dans un endroit complètement différent, on fera avec. »

À la recherche de l’Europe perdue

Mais c’est quoi au juste le profil d’une ville?

« J’ai envie de passer par des endroits-clefs de l’Europe où l’Europe n’est pas vue de la même façon. Je commence par Strasbourg qui est la ville française européenne. Après je pars à Luxembourg pour faire un peu de provoc’  en demandant à un Luxembourgeois ce qu’il pense de l’évasion fiscale au Luxembourg. »

Le gars Baptiste part donc avec quatre gros sujets sujets dans la tête: l’immigration, l’évasion fiscale, l’Europe allemande et l’identité culturelle. Selon la destination, il orientera l’enquête vers un de ces pôles :

« A Francfort, il y a la Banque Centrale Européenne, et je commence donc par toute l’Europe qui réussit, le paradis européen, la mégapole. On dit souvent que l’Europe est faite pour les Allemands, alors ensuite, direction l’Allemagne de l’Est où là, je vais essayer de trouver une ville très industrielle. Pour l’instant, j’ai visé Leipzig. Mais si je tombe sur autre chose… Une ville d’Allemagne de l’est assez prolo, ça me tenterait bien à cause de tous les mouvements anti-migrants et anti-union-européenne en fait. Après, Prague et là, c’est le bon élève de l’Europe.»

On the road again, again

Lonlon connaît bien la capitale de la République tchèque vu qu’il y a passé une année entière grâce à l’ami Erasmus. Une belle année studieuse (plus une autre aux Pays-Bas) à la fac de droit, car Lonlon est juriste de formation.

« Si en ce moment, tu as une idée à monter, tu vas à Prague. Ça marche du tonnerre. Y a pas de chômage. Même si les salaires sont bas comparés à chez nous, le niveau de vie est meilleur. Les Praguois sont des Américains en puissance, ils sont ultralibéraux et ils représentent parfaitement les nouveaux entrants qui réussissent. Après c’est Budapest et là, c’est encore des nouveaux entrants mais qui ne veulent plus de l’Europe. Alors là-bas on va parler de culture européenne. Pour eux, l’Europe c’est chrétien. Alors que si tu dis ça à un Français, avec la laïcité… même si ça revient sur le tapis, c’est pas dans notre culture. Donc, là, il a un bon contre-pied à faire aussi. Après c’est Belgrade, parce que c’est les prochains à rentrer. Qu’est-ce qu’ils viennent foutre dans ce bordel? Est-ce qu’ils ont vraiment envie d’y rentrer quand ils voient comment ça se passe? Donc ça, ça va être marrant aussi. Ensuite la Bulgarie parce que c’est les derniers à rentrer. Là-bas, j’admets que je ne connais pas trop la situation. »

Bon, nous voilà rassurés, les Bulgares nous réserveront bien quelques surprises. Car vu d’ici, on ne voit pas trop à quoi ça ressemble, un Bulgare, si on excepte les compétitions d’haltérophilie.

Les post-Maastricht parlent aux post-Maastricht

Lonlon a 24 ans et il n’a pas l’intention d’aller courtiser les mamies :

« Sur toute la route, je compte essayer d’interviewer la plupart du temps des jeunes parce que j’en ai marre des trucs sur l’Europe où on me raconte que l’Europe, c’est bien parce que c’est la paix. Quand tu racontes ça à un mec de vingt piges en Union européenne, qui a déjà voyagé un petit peu, il se doute bien que, si on enlève l’UE, on va pas tous se foutre sur la gueule… Pour moi, le but c’est de rencontrer des gens qui sont de ma génération. Pour moi, l’Euro, je suis né avec, le Franc, je m’en souviens très peu.»  Son blog parlonspeuparlonsd.eu est d’ailleurs explicitement sous-titré Voyage à la rencontre de la génération post-Maastricht

La fin du voyage, ce sera la Grèce, en toute logique.

« Je compte y rester un peu plus longtemps. il y a énormément de choses qui se développent  à la campagne et en ville pour faire face à la crise et j’ai envie de voir ces mouvements-là. Mais aussi de trouver des pro-Européens là-bas. »

Ça va sans doute pas être simple, mais Lonlon est un démerdard et on peu compter sur lui. Il s’est aussi promis de dénicher un point de vue américain, celui d’un(e) russe… Mais aussi de cueillir l’opinion de migrants, vu qu’il va croiser leur route.

Sur la route, mec, sur la route

On l’aura donc compris: ça va être un sacré périple, aussi bien à faire qu’à suivre devant son écran.

Les articles et les interview seront consignés dans le blog de Baptiste. Et on vous encourage à le consulter très régulièrement. On peut s’abonner pour être sûr de ne rien rater. Lonlon a d’ailleurs déjà publié un premier billet, preuve que l’on peut compter sur la ponctualité du blog’trotter.

Le blog c’est par ici. Et pour vous donner une idée du trajet du bonhomme, un petit plan:

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)