Pour en finir avec l’homo œconomicus…

La société de marché repose sur une conception bien particulière et tout à fait contestable de l’être humain. Bien que mise à mal par toutes les disciplines depuis longtemps, elle n’en demeure pas moins prépondérante dans la doxa. C’est-à-dire: dans le savoir commun.

Selon le néolibéralisme contemporain, l’homo œconomicus est un individu totalement indépendant et avide de liberté. Rationnel à 100% et responsable de ses actes… Mais pas du sort d’autrui! Il est uniquement mû par le profit et incapable de se contenter de ce qu’il a.

En d’autres termes, cet être autonome, égoïste et insatiable n’agit que dans son propre intérêt. Avec logique et détermination, il réclame toujours plus de satisfaction… Et n’obtient que ce qu’il mérite, en biens ou en merdes, dans un monde régi par la compétition et la performance individuelle.

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait-robot, passez votre chemin et n’oubliez pas la révision des 10 000.

La blague pas drôle des économistes

Dans La Dissociété, Jacques Généreux revient très longuement sur cette fiction, élaborée pour servir le projet néolibéral. Fiction qui repose sur le bien-fondé évident de l’accumulation, du productivisme et du consumérisme. Dans cet ouvrage, Généreux dénonce avec rigueur les dérives des bien-penseurs aux petits pieds, qui ont délibérément tronqué et troqué la pensée de leurs aînés.

Pour ne citer qu’un exemple célèbre, Adam Smith a écrit deux ouvrages majeurs: Théorie des sentiments moraux en 1759, et Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1776. Le second est souvent brandi comme argument d’autorité. Alors que personne n’a lu le premier. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les néolibéraux ont étudié La Richesse des nations dont ils n’ont souvent retenu que la « main invisible » du march. Ah, la main invisible, ce membre fantôme qui démange tant et qu’Adam Smith ne mentionne en tout et pour tout qu’une seule et unique fois.

Bref, les capitalistes et leurs soi-disant (c’est-à-dire : autoproclamés…) experts en économie – comme François Lenglet pour n’en citer qu’un – n’ont qu’une vision racornie de l’être humain. Vision qui ne sert que les intérêts économiques du capital.

Jacques Généreux propose, lui, une autre conception anthropologique. Il propose une manière actualisée de concevoir l’humain. En s’étayant sur un certain nombre de sciences humaines, beaucoup moins sujettes à caution que les idées reçues de nos experts économiques médiatiques.

Le modèle sur lequel il s’appuie est tout à fait opérationnel et cohérent. Mais il présente selon moi des faiblesses sur lesquelles je vous propose de revenir. Tout en nous inscrivant dans une pratique quotidienne et donc politique, hein, on se refait pas.

Ça marche pour moi! moi! moi! moi! et ça ne vous coûte rien d’essayer 😉

Ça cause... Ça cause... C'est tout qu'est-ce que ça fait... ;)